Privatisation d’un important accès au fleuve à Lévis.

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Privatisation d’un important accès au fleuve à Lévis. De toute évidence on s’apprête à nager à contre-courant.

À l’ouest de Lévis, le dernier accès public au fleuve pourrait être vendu au profit de promoteurs immobiliers? Le GIRAM s’oppose fermement à toute mesure immobilière qui empêche l’accès libre des citoyens aux rives du fleuve Saint-Laurent et à tout développement immobilier qui constituerait une barrière à un tel accès

Encore des condos avec panorama et accès à l’eau pour une minorité? L’alarme nous vient de Repensons Lévis et fait la une du Soleil du 27 mai 2026. Le maire Blaney ne ferme pas la porte à une telle hérésie. Pour le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), aller dans cette direction serait commettre une erreur irréparable et le Conseil en porterait l’odieux.

Redonner au peuple l’accès à l’eau est une priorité nationale.

Pourquoi une priorité? L’eau, qu’elle soit celle de rivières, de lacs ou du Saint-Laurent, relève entièrement du patrimoine collectif. Notre gouvernement est fiduciaire de ce patrimoine. Incarnant constitutionnellement l’État au niveau local, toute municipalité a obligation de porter cette responsabilité. Sa mission première : l’intérêt collectif, pas l’intérêt privé. 

Peut-on, encore en 2026, fermer les yeux sur les trop nombreuses conditions qui limitent les familles d’un accès à l’eau. L’été est à nos portes, ces dernières seront encore une fois désespérément à la recherche du bonheur tout simple que procure le fait de mettre le bout du pied à l’eau ou de s’amuser sur un bout de plage. 

Le Québec est traversé par un fleuve géant, il compte plus d’un demi-million de lacs, 4500 rivières et son territoire est recouvert d’eau sur près de 10%. Il est bon premier, en termes de quantité de rivages.  En termes d’accès, il est un véritable cancre. De Rivière-Beaudette (frontière avec l’Ontario) à Carleton-sur-Mer ou Havre Saint-Pierre, combien de plages accessibles et pourvus de services d’aisance pour la petite famille à la recherche d’un rivage, sans risque de se faire interpeller par un propriétaire riverain? Les chiffres sont désespérants.

Nos pouvoirs publics sont les premiers responsables de cette triste réalité. Au cours des dernières décennies, des actions de spéculation immobilière pas toujours honorables ont été menées, dont certaines en toute complicité avec des conseils municipaux. Elles ont conduit à la privatisation d’espaces riverains exceptionnels, reconnus publics, au profit et à l’avantage exclusif de propriétaires et de promoteurs futés. 

Il faut savoir ouvrir les yeux sur cette triste réalité, alors que fondamentalement, les plans d’eau du Québec sont propriété collective. Leur accès doit être bien sûr encadré, mais d’abord considérablement élargi et non rétréci.

Le gouvernement du Québec vient enfin de prendre conscience de l’importance de l’enjeu. Une modification à la Loi, permet et invite dorénavant toute municipalité à exercer un droit de préemption lui permettant de devenir premier acheteur de tout espace pouvant procurer un accès public à l’eau, un droit fondamental. En même temps, la Ville de Lévis engagerait dans un curieux processus inverse, celui de se départir d’un tel espace stratégique qu’elle possède déjà. Quel paradoxe! 

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Pierre-Paul Sénéchal. GIRAM.

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