Le cœur institutionnel de Saint-Michel-de-Bellechasse
Demande de déclaration comme « SITE PATRIMONIAL
(Art. 29 à 34 de la Loi sur le Patrimoine culturel)

Demande adressée à la ministre de la Culture et des Communications du Québec, madame Nathalie Roy
Par
-Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM)
-La Société du Vieux Bourg de Saint-Michel
5 novembre 2020
Demande de déclaration de site patrimonial pour le cœur institutionnel du village de Saint-Michel-de-Bellechasse
SECTION 1. IDENTIFICATION
Nom des organismes qui font la proposition :
Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM)
Représentant : Gaston Cadrin, vice-président au patrimoine du GIRAM.
GIRAM. 4 800 boul. Guillaume-Couture, C. P. 202, Lévis (Québec) G6V 6N8
Courriel : gcadrin@sympatico.ca
La Société du Vieux Bourg de Saint-Michel
Représentante : Nathalie Lessard, présidente
92, rue Principale, Saint-Michel-de-Bellechasse (Québec) GOR 3SO
Courriel : nathalie.less@hotmail.fr
SECTION 2-INFORMATIONS SUR LE SITE
Désignation : Coeur institutionnel du village de Saint-Michel-de-Bellechasse
Nom des rues : Principale, Saint-Georges et des Remparts.
Municipalité : Saint-Michel-de-Bellechasse (Québec)
Désignation cadastrale et propriétaires:
Municipalité : Lots 6 021 132, 6 071 207, 6 021 130, 3 261 031, 4 121 458 et 6 071 207
Cimetière : Lots 3 261 026 et 6 021 129
Fabrique : Lots 6 021 130, et 6 021 131
Localisation informelle : Tout l’ensemble des terrains et des bâtiments où se localise l’église, le presbytère et le cimetière du village de Saint-Michel-de-Bellechasse. Le quadrilatère entre la rue Principale, de part et d’autre de la rue des Remparts jusqu’au fleuve et l’entièreté du cimetière paroissial. Bref, tous les terrains, propriété actuelle de la Fabrique, les terrains possédés par la municipalité, dont les principaux proviennent du contrat d’achat à la Fabrique, le 7 septembre 2017. Finalement, s’ajoute à cela, les terrains du cimetière cédés par la Fabrique à la Corporation « Les cimetières de la seigneurie en Bellechasse », le 21 décembre 2017.
Description du territoire
Le site faisant l’objet de la demande comprend un vaste terrain appartenant depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à récemment à la Fabrique de Saint-Michel. Cet espace a été morcelé en 2017 en trois propriétés (deux privées et une publique) mais dont la vocation est d’intérêt public. Le périmètre visé représente plus de 45 000 mètres carrés. Il comprend une église et sa sacristie, un presbytère, une grange à dîme et les stèles dans le cimetière. L’ensemble du terrain se situe dans une cuvette ou partie basse délimitée par un talus ou ancienne terrasse marine post-glaciation.
(Photo 1 : Les principaux bâtiments concernés)
Historique du territoire et description des bâtiments
1- Le terrain
Les premiers lots concédés pour la création du coeur institutionnel de Saint-Michel remontent au début du XVIIIe siècle et la construction de bâtiments reliés au culte s’accélérera notamment après la séparation canonique des paroisses de Saint-Michel et de Saint-Vallier. Le premier legs de terrain pour constituer cet embryon d’enclos paroissial a été fait, le 23 août 1712, au nord de la terre de trois arpents de front de Joseph Lacroix, bornée au fleuve. Il s’agit d’un des premiers habitants établis dans la seigneurie de La Durantaye, dès 1681. C’est dans cet espace qu’on construisit à partir de septembre 1712 une modeste église en pierre et, en 1715, un presbytère rudimentaire, également en pierre, de 20 pieds par 20 pieds, fut mis en chantier.
Vers 1730, ces deux bâtiments devinrent vite désuets ou trop restreints pour les besoins de la population, car la Fabrique envisage de se doter d’une nouvelle église, d’un presbytère plus vaste et d’un cimetière. Afin de permettre ces nouveaux aménagements, la Fabrique sollicite à André Lacroix (fils du premier donateur) la cession d’un terrain d’un demi-arpent au nord-est du don initial et la même superficie à son voisin, Nicolas Morisset, propriétaire de la terre voisine du côté nord-est. Le contrat du 29 novembre 1732 confirme et décrit bien la donation:
« considérant la nécessité qu’il y a de donner un espace de terrain, assez considérable à l’Église de la dite paroisse afin qu’étant joint à celui qui a été cy devant donné par Joseph Lacroix, père du dit André Lacroix, pour la bâtisse de la ditte Église, cimetière, presbytaire, cour, jardin et même verger. Les dits Morisset, et Cloutier sa ditte femme et le dit André Lacroix marchand et sa ditte femme… ont donné et donnent par ces présentes, par donnation entre vif et irrévocable… à la ditte église paroissiale de St-Michel, Seigneurie de Ladurantaye. Ce acceptant Léonard dit Clément et Michel Quéret, aussy habitant de la ditte seigneurie et ancien marguillier de la ditte paroisse, chacun un demy arpent de terre de front à prendre sur le bord du fleuve St-Laurent à haute mer et ce qui se trouvera de profond jusqu’où joignant le terrain cy devant donné par le dit feu Joseph Lacroix, le dit demy arpent donné par le dit Morisset au nordest du dit ancien terrain, et celui donné par André Lacroix marchand au nordest. (…) sans aucune rétribution à sa charge et conditions que l’Église paroissiale qui va se bâtir de pierre y sera bâtie, ou sur l’ancien terrain à sa volonté et au lieu qui sera le plus convenable par Monseigneur L’Évesque ou son grand Vicaire ou autre à qui il appartiendra en telle manière que s’y la dite Église était bâtie ailleurs que sur ces deux dits terrains que spécifié, la présente donnation sera nulle et de nulle valeur et le dit terrain donné retournera audit Morisset et Lacroix et leurs dittes femmes » [1] .
Beaucoup plus tard, le terrain de la Fabrique sera délimité par une clôture. La première clôture autour du cimetière et du presbytère daterait de 1809 et 1810, elle aurait été faite sous l’initiative du curé Thomas Maguire[2] . Aujourd’hui, c’est une clôture de fer forgé qui entoure une partie du terrain du presbytère et le même type de clôture délimite l’ensemble du cimetière.
Le lien de ce terrain avec le fleuve à proximité a toujours existé, mais il semble s’être concrétisé au temps du curé Maguire (1806-1827). En effet, en 1807, « le curé Maguire aurait fait faire un petit quai prolongeant le terrassement de son jardin jusqu’au bord du fleuve. Deux enveloppes, en bois de charpente, ont pourri dans l’espace de dix-sept ans : elles seront remplacées par un mur de pierre en 1824 »[3] .
(Photo 2 : enclos paroissial en 1896, plan de Goad)
Le terrain a conservé en grande partie son intégrité en superficie, mis à part l’amputation du côté sud-est en 1865. Cette année-là, à la demande du curé Drolet, la Fabrique céda une partie du terrain à l’arrière de l’église afin d’y déménager la maison qui servirait de première école de filles. Pour ce faire, il recruta des religieuses de la congrégation de Jésus-Marie, déjà établies à Saint-Gervais. Ce premier couvent fut agrandi en 1872, puis démoli et remplacé par la partie sud-ouest du couvent actuel en 1889-90.
Bien que le terrain soit intéressant et impressionnant avec sa couverture d’arbres matures, « les édifices à vocation publique ou religieuse marquent fortement par leur présence le cœur du village »[4].
2- L’église
L’église de Saint-Michel, comme toute église de village, structure l’enclos paroissial et joue un puissant rôle comme signal et élément fort du paysage; que l’observateur soit sur le fleuve, sur la rue Principale ou sur le quai. À Saint-Michel, l’histoire de l’église est intimement liée à celle du presbytère, mais l’ancienneté du bâtiment est notamment moins grande à cause des nombreux incendies dont a été victime le temple religieux des Micheloises et Michelois.
L’église construite entre 1732 et 1736 est la proie des flammes le 13 juin 1806. Le curé Maguire, en poste depuis à peine six mois, entreprend de rebâtir une nouvelle église sur les murs de l’ancienne durant les années 1806 et 1807.
Au début de 1850, on constate que le mur sud de l’église reconstruite risque de s’effondrer, ainsi que le clocher, ce que confirme le rapport de l’architecte Fournier[5].
Ce projet de construction d’une nouvelle église piétine entre 1852 à 1857 à cause de querelle liée à la localisation mais la création de la paroisse de Saint-Raphaël fait baisser les tensions. La première pierre est finalement posée le 29 septembre 1857 par Mgr Baillargeon pour une église de 79 par 36 pieds, sans compter la sacristie. La démolition de l’ancienne sera confiée à Joseph Goupil en 1860, mais les travaux intérieurs de finition et de même que certains à l’extérieur se poursuivront entre 1865 et avril 1872, selon les plans et devis de l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy.
Puis, le 8 août 1872, c’est à nouveau la catastrophe. Un orage entraîne la foudre sur le clocher et tout le bâtiment s’embrase. Les paroissiens pourront sortir quelques ornements, meubles, registres, vases sacrés, etc. de la sacristie et protéger le couvent de 1865, juste à côté à l’est et le vieux presbytère au nord-ouest.
(Photo 3 : Église Saint-Michel, BAnQ)
Des plans de l’architecte Peachy[6] de Québec sont immédiatement entrepris et, dès le début d’octobre de 1872, cinq soumissions d’entrepreneurs sont présentées; c’est la firme Breton et Frère qui obtient le contrat de reconstruction. Cette nouvelle église aura des dimensions plus impressionnantes que toute les précédentes avec ses 136 pieds de longueur et 37 pieds de largeur. On assoira les murs de pierre de la nouvelle construction sur une partie des murs incendiés; on peut encore aujourd’hui visualiser la démarcation entre les anciens et nouveaux murs sur les côtés de l’église.
Bien qu’une première messe fusse célébrée, dès le 29 mai 1873, il faudra attendre une quinzaine d’années plus tard (1885 à 1889) avant que les travaux intérieurs soient terminés. Quant au maître-autel, dessiné par David Ouellet et fabriqué par Ferdinand Villeneuve de Saint-Romuald, il ne sera installé dans le chœur de l’église que vers 1895. (photo 4 : Maître-autel)
Voici comment un livre sur le patrimoine religieux de Bellechasse décrit l’église de Saint-Michel :
« De forme rectangulaire, elle comporte un chœur en saillie, une abside en hémicycle et une voûte formant un arc surbaissé. La nef, composée de trois vaisseaux, est dotée de deux tribunes à l’arrière. Un orgue Napoléon Déry à tradition mécanique datant de 1897 trône à la tribune supérieure, dont le centre fait saillie »[7] .
On ajoute que pour l’ornementation intérieure de l’église, c’est l’architecte David Ouellet qui a préparé les plans pour le sculpteur Laurent Moisan. Sur le plan des œuvres d’art, on note la présence de huit figures sculptées de Louis Jobin (1845-1928) incorporées au superbe maître-autel, dont un Saint-Michel debout sur un piédestal en forme de dôme. À l’arrière de l’église se trouve une imposante sculpture de l’archange Saint-Michel terrassant le dragon, également une pièce de Jobin, jadis placée à l’extérieur, qui a été restaurée et préservée des intempéries. Enfin, plusieurs tableaux ornent différentes parties de l’église, dont un d’Antoine Plamondon représentant le Baptême du Christ, peinte en 1842, d’après une toile de Pierre Mignard. Cette œuvre est disposée sur le retable d’une fontaine baptismale.
(Photo 5: Devanture de l’église et Archange St-Michel en 1948)
3- Le presbytère
Voir le dossier lié à la demande de déclaration d’immeuble patrimonial.
(Photo 6 : Le presbytère et son fronton ajouté en 1922)
4- Grange du curé
Les premières bâtisses pour recevoir la dîme des paroissiens ou pour loger le cheval et autres animaux à la disposition du curé semblent avoir été érigées au début du XIXe siècle. En effet, « en 1817, M. Maguire fit construire un hangar à grain dont le coût ne dépassa pas 60 livres et, l’année suivante, une bonne étable avec remise »[8] . Probablement, c’est vers le milieu du XIXe siècle que la grange actuelle fut érigée, mais avec une longueur d’environ 30 mètres pour recevoir les biens en nature des paroissiens. Selon un document des archives de la Fabrique, un devis de 1922 mentionne les travaux suivants : « refaire en bardeau la couverture de l’étable et de la glacière et repeinturer tout l’extérieur de l’étable et de la glacière, couverture comprise ».
Aujourd’hui, il s’agit d’un bâtiment rectangulaire de 16,72 mètres par 6,87 mètres, coiffé d’un toit à deux versants. Ce bâtiment à deux étages, assez rare pour une grange à cette époque, repose sur un solage de pierres et, à l’origine, était recouvert de planches verticales et d’un toit en bardeaux de cèdre. Cette grange à dîme, une des rares subsistant au Québec[9], comporte à l’intérieur beaucoup d’éléments d’intérêt. On y retrouve des poutres massives équarries à la hache, des chevilles de bois, des planchers en madriers fixés à clous forgés et une charpente de bois de pièces sciées dont l’assemblage est fort intéressant. (Photos 7 et 8, intérieur de la grange)
Vers 1983, la grange fut amputée d’environ la moitié de sa grandeur dans sa partie nord-est. Depuis, les murs de la façade sud et des pignons ont été recouverts de tôle commerciale. Seul, le côté nord a conservé son revêtement de planches à la verticale fixées à clous carrés. Notons que 10 petites ouvertures vitrées sont munies d’un barreaudage simple de deux tiges de fer pour assurer la sécurité des produits qui étaient engrangés. (Photo 9 : Giram 1983)
5- Cimetière
Dans toutes les paroisses, le cimetière constitue un parc dans le cœur institutionnel du village. En plus, à Saint-Michel, ce parc donne directement sur le fleuve, ce qui procure un avantage visuel fort intéressant aux visiteurs.
Ce cimetière date du début du XVIIe siècle, du moins sa délimitation initiale et ses premières inhumations. Sa valeur patrimoniale repose sur son potentiel archéologique, mais également sur la présence de nombreuses stèles anciennes dont plusieurs bâtisseurs de la paroisse, de gens de la mer et de capitaines de navires. D’ailleurs, à proximité du côté de la rue Saint-Joseph, on peut observer plusieurs maisons anciennes, jadis occupées par ces gens au pied marin.
(Photo 10 : Vue d’ensemble du cimetière et bâtiments)
SECTION 3- MOTIFS DE LA PROPOSITION
Plusieurs des motifs de notre proposition ont déjà été énoncés dans la demande de déclaration du presbytère comme immeuble patrimonial. Parmi ceux-ci, il y a entre autres, les potentiels archéologiques du site, liés en particulier aux divers événements qui se sont déroulés en ce lieu à travers les trois derniers siècles et demi, soit depuis la concession de la seigneurie de La Durantaye en 1672.
Un enclos paroissial unique
Il faut souligner de façon toute spéciale, la présence d’un ensemble presqu’unique au Québec d’un enclos paroissial, bien conservé et possédant à l’intérieur du site, un presbytère du régime français. Un site dont le terrain est demeuré d’une grande intégrité depuis les premières cessions par les premiers habitants du lieu, les familles Lacroix et Morisset. Un site dont la seule amputation a servi à aménager la première école de filles du village en 1865. Un site ouvert sur le fleuve depuis son origine, mais qui a subi quelques modifications dans son lien fluvial à la suite de l’aménagement d’un quai public en 1858.
L’enclos paroissial de Saint-Michel s’inspire directement des enclos paroissiaux de Bretagne au XVIe et XVIIe siècles. Leur délimitation est souvent comme en France avec des murets de pierres, mais, le plus souvent au Québec, c’est la clôture de bois avec pointe de flèche, de construction plus rapide, qui est utilisée dans les paroisses québécoises. À Saint-Michel, il est possible qu’un muret de pierres ait déjà existé, notamment autour du cimetière, car en 1860, on demande au démolisseur de l’église de conserver la pierre pour aménager un mur autour du cimetière.
Au début du XXe siècle, cette délimitation autour de l’église, du presbytère et du cimetière étaient de toute évidence en clôtures de bois, comme nous le démontre de multiples photos. (voir photos 11-12 à venir).
À partir de la fin des années 40 ou début des année 50, c’est la clôture de métal, réalisée par des artisans du fer forgé qui est à la mode. C’est cette même clôture qui existe encore aujourd’hui sur le pourtour du terrain du presbytère et du cimetière, bien que certaines parties aient été enlevées au cours des ans, plus particulièrement devant le presbytère.
Le terrain de l’église, le cimetière et le presbytère ont toujours constitué un ensemble et des lots cadastraux appartenant à la Fabrique de Saint-Michel jusqu’à la vente à la municipalité (13 septembre 2017) et au transfert du cimetière à la corporation Les cimetières de la seigneurie en Bellechasse (21 décembre 2017).
Un site patrimonial national
En raison des valeurs historiques et patrimoniales inestimables du site et des bâtiments qui s’y localisent, nous croyons qu’un statut de classement de site patrimonial désigné par le ministère de la Culture et des Communications s’avère absolument nécessaire. Certes, ce site est inclus dans un site patrimonial plus vaste reconnu dans le règlement de zonage de la municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse, mais ce statut ne semble pas être très contraignant et appliqué avec rigueur. À preuve, dans le contrat de vente du presbytère à la municipalité on y lit que :
« Les immeubles ne sont pas des biens patrimoniaux classés et ne sont pas situés dans un site patrimonial classé selon la Loi sur le patrimoine culturel (RLRQ,c. P-9.002). Cependant, le lot 6 021 132 (presbytère) est situé dans un site patrimonial de la municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse »[10] .
Cette formulation démontre qu’un site patrimonial classé par le gouvernement du Québec a une valeur juridique certaine, alors qu’une citation municipale semble laissée à la bonne volonté d’application des élus…
Assurer la pérennité du site
Outre sa valeur historique, l’ensemble du site et des bâtiments présentent un intérêt particulier à cause de ses ouvertures sur le fleuve et la présence de vide entre les éléments bâtis.
La création d’un site patrimonial de valeur nationale contribuerait à coup sûr à mieux préserver l’intégrité de ce site remarquable dans l’avenir. À ce sujet, même dans le passé, les curés trouvaient très important de conserver cet accès physique et visuel au fleuve. À titre de confirmation, le 5 janvier 1863, selon le procès-verbal d’un conseil de la fabrique, le curé Flavien-Édouard Drolet « est autorisé à faire toutes les démarches voulues pour qu’il ne se construise aucune maison sur la grève dans le voisinage de l’église »[11] . Ces vues sur le fleuve, l’île d’Orléans et le plateau laurentien doivent à tout prix être conserver, d’autant plus que l’enclos paroissial représente un des rares accès visuels au fleuve pour les citoyens dans la municipalité.
Pour conserver la valeur patrimoniale du site et des bâtiments, on ne peut se permettre d’insérer de nouveaux bâtiments à vocation privée qui auraient pour effets de prendre en sandwich le presbytère historique et de privatiser le site au détriment des générations actuelles et futures.
Ces menaces de morcellement sont bien réelles, si on se réfère aux velléités de modification du contrat d’achat du 13 septembre 2017 par la municipalité. D’ailleurs, les récents propos exprimés par le maire Tessier dans l’article du Soleil[12] du 31 octobre 2020, confirment cette menace et la faible importance du patrimoine dans les priorités municipales, quelle que soit la valeur historique et communautaire d’un bâtiment.
SECTION 4. IDENTIFICATION DU PROPRIÉTAIRE
Municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse, Monsieur Éric Tessier, maire.
129, Route 132 Est, Saint-Michel-de-Bellechasse, (QC) G0R 3S0
(Téléphone : 418 884 2865).
La Fabrique de la paroisse Saint-Benoit, Monsieur Denis Breton, président
105, rue Principale, Saint-Michel-de-Bellechasse (Québec) GOR 3SO.
Les cimetières de la seigneurie en Bellechasse, Monsieur Denis Breton, président.
105, rue Principale, Saint-Michel-de-Bellechasse (Québec) GOR 3SO.
Informations complémentaires
Nous n’avons pas encore informé le Conseil municipal, mais nous l’informerons dès cet envoi. Le sujet de la conservation comme bien municipal ne semble pas faire l’unanimité, car une résolution a été récemment passer afin de rouvrir le contrat du 7 septembre 2017 avec l’ancienne Fabrique de Saint-Michel, vraisemblablement pour pourvoir revendre le bâtiment à un particulier. À notre avis, nous croyons qu’une meilleure garantie de conservation et surtout d’accessibilité publique à l’avenir est que le bâtiment et le terrain avoisinant demeurent entre les mains de la municipalité. Quant à la Fabrique et à la corporation Les cimetières de la seigneurie en Bellechasse, le président a été informellement mis au courant.
[1] Contrat devant le notaire Abel Michon, le 29 novembre 1732, insinué ou enregistré par Daine, le 17 mars 1733, BAnQ : CR301,P1555.
[2] P. Marie-Antoine (Roy), St-Michel de la Durantaye, Notes et Souvenirs 1678-1929, Québec, 1929, p. 96.
[3] Ibid., p. 96.
[4] Groupe de recherches en histoire du Québec, inc., En passant par la Côte de Bellechasse J’ai rencontré trois beaux villages!, Québec, 1993, p. 31.
[5] P. Marie-Antoine (Roy), op.cit., p. 104.
[6] Ferdinand Peachy: https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=7848&type=pge#.X5BLly_pO-o
[7] Jean-Pierre Lamonde, Gisèle Asselin, Paul St-Arnaud et Yvan Gravel, Patrimoine religieux de Bellechasse, Québec, Les éditions GID, p. 120.
[8] P. Marie-Antoine (Roy), op.cit., p. 96.
[9] Il n’en reste seulement quelques-unes, notamment à Charlesbourg, Sainte-Famille (I.O.), Sainte-Flavie, Saint-Joseph-de-Kamouraska et Cap-Saint-Ignace.
[10]Contrat du 13 septembre 2017, minute numéro : 19 435 du notaire Me Roch Godbout, p. 4.
[11] Guy Laviolette (Henri Gingras i.c.), Saint-Michel-de-Bellechasse, Trois cents ans d’histoire 1678-1978, p. 72.
[12] https://www.lesoleil.com/actualites/un-bijou-a-proteger-pres-du-fleuve-photos-0582829890cdec4e27044013acaaac33?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook&fbclid=IwAR28BxzCidgkvEsy6xosfOY-ML1RD6PkTM3iKKu9iQcK1y3IhhJC0RqJjY4
1- Dossier photographique









