Rapport d’activités Assemblée générale 2025-26
Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu
Lévis, 29 mars 2026
Introduction
Au 18 mars 2026, le conseil d’administration se compose ainsi : Antoine Boivin, Gaston Cadrin, Michelle Garneau, Germain Gauvin, Normand Lemyre, France Rémillard, Daniel Roberge, Pierre-Paul Sénéchal, Robert Tessier.
Au cours de la période du présent rapport, le conseil d’administration s’est réuni à 9 reprises.
L’année 2026 marque la 43e année d’interventions sans interruption de notre organisme. Merci aux valeureux volontaires membres de l’exécutif qui font du GIRAM un organisme compétent et dynamique. Merci à vous fidèles membres qui assurent cette continuité. Enfin, merci aux généreux donateurs qui permettent d’assurer les fonctions administratives inhérentes.
1/ Conservation et mise en valeur du patrimoine
(Pour les dossiers du patrimoine bâti, voir le rapport du vice-président Gaston Cadrin.
Contexte: un lobby de plus en plus décomplexé contre la mission de conservation.
Les dernières décennies avaientt été marquées de démolitions en séries. Des églises par centaines, des maisons patrimoniales par milliers. Les groupes dédiés à la promotion du patrimoine dont le GIRAM avaient réagi auprès des pouvoirs publics en faveur d’une intervention ferme et urgente. En 2019, enquête de la Vérificatrice générale du Québec. Le GIRAM y a participé. En 2020, dépôt du rapport. Il met le doigt sur ce nouveau phénomène d’abandons/démolitions. Certains ministères sont ciblés pour leur incurie. Il est recommandé des amendements à la Loi sur le patrimoine culturel. (Loi 69). Cinq ans plus tard, on se doit de constater que ces amendements n’auront pas donné les résultats escomptés du fait qu’ils n’ont pas touché à l’essentiel (l’indépendance des décideurs au niveau local).
En 2025, émergence d’un phénomène nouveau: un ressac en provenance des promoteurs et autre acteurs publics lésés par des mesures de protection. On invoque le principe de « l’expropriation déguisée », puis on tente de déconstruire les décisions ministérielles. Trois exemples.
(1) Classement du Couvent de Berthierville. Une offensive médiatique contre le Ministère est en cours. L’acquéreur demande l’annulation du classement pour un permis de démolir. (2) Classement du Château Beauce. Face à une levée de boucliers des élus de la Beauce, le Ministre a publié un avis de déclassement. Le GIRAM est intervenu auprès du Conseil national du patrimoine. Dans son mémoire, le GIRAM soulève le danger pour le gouvernement de céder au chantage de certains milieux d’affaires et de créer un précédent dangereux. L’enjeu de l’intérêt général vs l’intérêt particulier est également soulevé.
(3) Contestation judiciaire du classement des vestiges du Fort de Beaumont. Une double poursuite intentée par le promoteur du secteur, l’une contre le Ministre, l’autre contre la municipalité propriétaire des lieux (abri à munitions et casemate). En 2025, une décision de la Cour supérieure a débouté le promoteur contre une allégation d’illégalité du classement par le Ministre. Reste la poursuite contre la municipalité. Cette mise en suspend empêche l’aménagement du parc municipal commémoratif.
2/ Environnement
Un nouveau contexte géopolitique qui a ses incidences sur notre propre politique de développement durable.
Des conflits internationaux sont annonciateurs de changements de discours au sein de notre élite politique. Retour aux anciennes lubies du pétrole et du gaz de schiste. Il y a aussi l’hypothétique klondike des matériaux critiques qui risque d’entraîner un désordre dans l’activité d’extraction en zone habitée. Alors que l’Europe est en phase de réduction de la ressource pétrole pour les années 2030, ici au Canada surgit une très forte pression en provenance de l’Ouest pour plus de pétrole et plus de gaz d’exportation.
Le projet Marinvest-Baie-Comeau en est une illustration et la Loi C-5 de Mark Carney et son Bureau des grands projets installé à Calgary. Qui dit route de l’Est dit route du Saint-Laurent, dit aussi Rabaska et port de Québec.
Considérant ce contexte géopolitique, ces deux dossiers du GIRAM demeurent toujours sous haute veille stratégique.
Dossier des Espaces Rabaska
Le dossier le plus long dans l’histoire du GIRAM. Plus de 22 ans de lutte, depuis la conférence de presse du GIRAM (4 mars 2004) pour dénoncer un projet qui apparaissait déjà comme insensé. L’année 2013 marque l’abandon du projet par le consortium et le début du plaidoyer du GIRAM pour le retour en zone agricole des 272 hectares. En 2023 requête auprès de la CPTAQ. En 2024-25 désaisissement de la Commission par le gouvernement. Rachat des terres par Investissement Québec et ré-inclusion de 109 ha (40 %) en culture ou en friche. Le GIRAM avec le Collectif Sauvegarde et l’UPA plaident en faveur d’une ré-inclusion de l’ensemble des lots.
Les actions en cours. Opposition citoyenne plus visible, démarches auprès de l’Opposition parlementaire. D’importantes inconnues demeurent. Entre autres, un possible droit conservé par le Port de Québec pour un éventuel transit vers la rive toujours zonée portuaire. Requête du GIRAM auprès du MIEE et Investissement Québec pour obtenir les documents pertinents. Refus d’IQ. Une procédure toujours en cours auprès de la CAI. À deux reprises repoussée. Prochain essai en avril 2026.
Dossier du port de Québec/QSL-conteneurs
Rappel du projet : sur la route maritime menant au Port de Montréal, débarquer au Port de Québec 250 000 conteneurs\an pour alléger des porte-conteneurs de plus forte capacité. Projet qui entraine inévitablement une desserte par camion. Un navrant soutien du Maire de Québec qui de façon évidente se soumet de bonne grâce au discours du port de Québec. Du côté des élus, on semble oublier le devoir de vigilance et de prudence face aux opérations de séduction du Port de Québec. L’enjeu : l’obtention de QSL d’un permis de dédouanement du Fédéral. À surveiller en 2026 : la décision du gouvernement Carney concernant cette demande de permis. Advenant un déblocage, la qualité de vie et l’industrie touristique de la Capitale deviennent deux enjeux importants.
3/ Aménagement durable
Projet Ferme Chapais.
La Société immobilière du Canada est engagée depuis plus d’une décennie dans un processus d’aliénation des 40 ha de la Ferme Chapais, ancienne station fédérale de quarantaine. Les ministères et organismes du gouvernement du Québec n’ont pas signifié d’intérêt particulier d’acquisition. Restait la ville de Lévis.
Le projet GIRAM : un Arboretum appuyé sur un partenariat Ville de Lévis-Premières-Nations, Communauté métropolitaine de Québec et Commission de la capitale.
Un projet structurant et en phase avec la vocation culturelle et touristique de la région de la Capitale nationale. En 2025, le GIRAM est très actif. Interventions auprès de la ville de Lévis, participation en mars 25 à l’opération révision du Plan d’aménagement et de développement de l’agglomération de Québec, puis auprès de la Commission de la Capitale nationale (août 25).
Le 13 mars 2026, nouvelle rencontre, cette fois avec une nouvelle administration municipale. Accueil positif en même temps qu’une grande ouverture du côté du Ministre fédéral responsable de la région de Québec. La perspective d’une avancée est positive.
4/ Contribution au milieu
Dossier Musée québécois de l’agriculture (MQAA) : en suspend en ce début 2026.
Le GIRAM est entré dans ce dossier en 2020 par la porte latérale avec le sauvetage de deux bâtiments anciens menacés de démolition par le MAPAQ. Dans sa communication avec le gouvernement du Québec, le GIRAM avait alors fait valoir un usage potentiel dans le cadre d’un redéploiement des activités du MQAA. Des rencontres ont eu lieu entre le GIRAM et la direction de l’ITAQ au cours de la période 2024-25.
Pourquoi la mission de cette institution muséale est importante pour le Québec? L’agriculture est à la source de notre identité nationale, de notre histoire commune, de l’occupation de notre territoire, de nos régions et même de notre signature architecturale. Une réalité dont les Québécois sont de moins en moins conscients et sans doute aussi une partie de l’actuel conseil d’administration du MQAA.
Face à la situation d’adversité et de désintérêt que rencontre actuellement ce Musée (perte de ses locaux, désintéressement de la municipalité), le GIRAM a élaboré une proposition. Cette dernière va dans le sens contraire des scénarios explorés par l’actuelle direction du Musée (réduction des collections, approche pseudo moderniste tournée vers la diffusion virtuelle, institution éclatée en multiples modules sur le territoire).
L’orientation proposée par le GIRAM : donner une mission nationale à l’institution avec son corollaire, un partenariat avec le MAPAQ et l’ITAQ. Cette proposition suppose l’utilisation du parc immobilier de l’État, des ressources et lieux de l’ITAQ, l’expertise de la SQI en matière d’immeubles institutionnels et un espace stratégique déjà propriété de la SQI. Elle suppose en même temps une importante opération de lobby politique au niveau central.
La présidence du CA du MQAA n’a absolument pas adhéré à cette orientation. Elle se concentre sur une stratégie de repli. La proposition GIRAM n’a pas même été soumise aux membres du CA du MQAA. Le GIRAM ne peut se superposer à ce dernier. Il aura une décision à prendre prochainement.
Fin de semaine du patrimoine au Domaine de la Pointe Saint-Vallier.
Tenue les 14 et 15 juin 2025. Comme l’année précédente, l’événement était organisé en partenariat avec la Société québécoise d’ethnologie (SQE) et la Fédération Histoire Québec (FHQ).
Conférenciers invités
Hubert Pelletier. MAINTENIR NOS PAYSAGES PATRIMONIAUX : COMMENT Y PARVENIR .
Pierre-Paul Sénéchal. LE PAYSAGE ET NOUS.
Antoine Boivin. MISE À JOUR DU PROJET DE CRÉATION D’UN ARBORETUM ET NOUVELLES PERSPECTIVES CONCERNANT LA FERME CHAPAIS.
Isabelle Regout et Alexandre Pampalon. LE PAYSAGE ENCHANTEUR DES CAGEUX.
Jean-Marie Lebel et Jean-François Caron. L’AQUARELLISTE COCKBURN, « SA » VILLE DE QUÉBEC ET LES PAYSAGES AVOISINANTS.
Jean-Louis Vallée et Clément Locat. PLACE DU BÂTI ANCIEN DANS LE PAYSAGE PATRIMONIAL.
Prix Corniches d’or du GIRAM
C’est dans le cadre de ces activités à Saint-Vallier que sont décernés les Prix. On vise à rendre hommage à des personnes ou à des organismes qui, par leur savoir-faire et leur leadership, ont apporté du « beau » dans notre vie collective Les prix 2025 ont été attribués à :
Prix Patrimoine. Madame Fernande Morissette, propriétaire d’un domaine à Berthier-sur-Mer, dont une vaste maison du XVIIIe et son fournil. Ce patrimoine acquis en 1972 dans un « état relatif «, elle et son conjoint, Jacques Portelance, ont mis six décennies en temps, argent et énergie pour le ramener à son état d’origine.
Prix Aménagement. Société de la rivière Saint-Charles. Certificat d’honneur décerné à son idéateur, Monsieur Nicol Tremblay, au cœur de cette initiative citoyenne visant à valoriser une rivière urbaine et ses berges pour en faire un pôle d’attraction et un moteur économique.
Prix Environnement. Conservation de la nature Canada/Section Québec pour l’ensemble de ses réalisations sur le territoire du Québec, dont Pointe de Saint-Vallier, Pointe d’Argentenay, Plage et battures de Baie-Saint-Paul, Tourbière de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.
Comité de liaison Valéro
En 2024, le GIRAM a poursuivi sa participation à ce comité-conseil dont le but officiel est « d’améliorer les relations avec la communauté et de faciliter la communication sur les risques inhérents aux activités de la raffinerie, sur les mesures de prévention et d’urgence, de même que sur les nouveaux projets ».
En 2025, le comité s’est réuni à 4 reprises. Normand Lemyre représente le GIRAM.
Outre le suivi des activités statutaires de la raffinerie, les dossiers suivants ont été objets d’information et de consultation :
- Gestion/contrôle des émissions de la raffinerie
- Planification de l’arrêt majeur (total) de mai-juin 2025
- Bilan de l’arrêt majeur
- Visite guidée du site en autobus
- Suivi des paramètres environnementaux (gouvernementaux).
5/ Affaires internes
Fondation Environnement GIRAM.
VOIR Rapport du trésorier Germain Gauvin.
Classement et numérisation des archives du GIRAM
En 2025, le GIRAM a amorcé une importante opération d’archivage des documents conservés depuis plus de quatre décennies. Une opération d’envergure en raison de la quantité de documents produits et de leur variété. Michelle Garneau mène cette exigeante opération. En mars 2026, cette dernière a produit un premier bilan: en tout, 953 documents archivés selon les catégories retenues. (Articles médias, communiqués, comptes rendus, lettres, mémoires rapports financiers résolutions, etc). Ce premier bilan déposé, il reste encore beaucoup à faire, notamment ce qui est en version électronique sur certains ordinateurs et de nombreux procès-verbaux (2003-2023) du C.A. et la documentation papier numérisée par Pierre Duquet en 2025.
Perspective 2026
Ce que nous réserve l’avenir à court et moyen termes
Les défis sont énormes aux plans environnemental et patrimonial. Un gouvernement du Québec fauché et animé d’un discours « tout à l’investissement privé ». Un gouvernement fédéral résolument pro-hydrocarbures associé à des lobbys d’affaires de plus en plus puissants. Médias de moins en moins nombreux et de moins en moins critiques. Groupes citoyens de plus en plus dépourvus de moyens. Organismes régulations de moins en moins indépendants qui se mettent au service de promoteurs (AÉIC-Marinvest). Fort ralentissement de l’emploi et reprise à la hausse du taux de chômage. De forts mauvais signes pour la protection du patrimoine historique et de l’environnement.
Pierre-Paul Sénéchal, président
MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE ET INITIATIVES CULTURELLES
Depuis quelques années, les dossiers de démolition de bâtiments patrimoniaux, notamment à Lévis, nous préoccupent et demandent beaucoup d’énergie.
1- Bâtiments disparus en 2025-2026
2- En attente d’une décision
3- Nos rarissimes gains
4- Autres interventions touchant le patrimoine et l’histoire
1- Les bâtiments disparus de 2025-26 ou condamnés à disparaître
Le presbytère de Saint-Lambert-de-Lauzon
À la suite d’une alerte de Robert Tessier du 18 avril 2025, j’ai été prendre des photos du presbytère de 1928, propriété de la municipalité depuis 2013. Raisons évoquées : les coûts de réhabilitation et « permettre de revitaliser le noyau villageois » … Sans commentaires…
Chocolats favoris, 32, avenue Bégin
Le conseil municipal refusa la révision de la décision du Comité de démolition, le 7 avril 2025. S’en suivi le 7 août 2025 la démolition, puis le regazonnement du terrain. Il y a des risques d’avoir un immeuble de condos…
Scies Mercier, 20 rue Napoléon-Mercier
Après un appel entendu le 3 février 2025, le conseil municipal se prononça le 28 avril 2025 en faveur de la démolition.
Le bâtiment industriel, un des derniers à valeur historique à Lévis fut démoli le 26 mai 2025.
Maison du 358, rue Saint-Joseph (secteur Lauzon)
Après une audition publique en décembre 2023, une expertise structurale déposée par le demandeur en mai 2024, le Comité de démolition a accepté la demande le 11 juin 2025. Nous n’avons pas fait appel, considérant que les faibles chances de succès. Par contre, nous craignons toujours pour l’intégration d’un projet de sept logements pour remplacer un deux logements. La maison n’a pas encore été démolie au 358 rue Saint-Joseph et compte tenu que le certificat d’autorisation n’a pas été demandé dans un délai de six mois, le propriétaire devra refaire une nouvelle demande.
Le moulin Gosselin (moulins des Arts) et maison du meunier, 3156 des Rivières (Saint-Étienne)
Le Giram s’était opposé en avril 2024 à la démolition de la maison, seul bâtiment paraissant récupérable. Le Comité de démolition a rendu une décision favorable à la démolition le 8 avril 2025. Une révision devant le Conseil s’est tenue le 7 juillet 2025 et ce dernier rendit sa décision de démolir le 25 août suivant.
Le moulin Chabot à Beaumont
Situé sur un site patrimonial de la municipalité, le moulin à farine et à scie du milieu du XIXe siècle a fait l’objet d’une demande de démolition par son propriétaire en raison de son enfoncement et pour faciliter la vente de la propriété. Au nom du GIRAM, j’ai envoyé, le 8 juillet 2025, une objection à la démolition, tout en faisant valoir le caractère historique et patrimonial de ce moulin au cœur du village, situé de surcroit dans un site patrimonial municipal. Après des audiences publiques en juillet, le Comité de démolition se prononça en faveur de la destruction avec obligation de la récupération des matériaux, le 2 septembre. Malheureusement, le GIRAM a oublié de faire appel de la décision dans les 30 jours suivants. Quant à la Fédération Histoire Québec, leur appel dépassa les 30 jours légaux et on n’en a pas tenu compte. À moins d’un revirement inattendu, le moulin sera déconstruit au cours de l’année 2026.
Maison Cliche à Vallée-Jonction
Située au 365, rue Principale à Vallée-Jonction, cette maison construite par l’industriel et député Philibert Cliche, a été acquise par le ministère des Transports afin de redresser la route et d’éviter de refaire le mur de soutènement…
Alerté par la Société du patrimoine des Beaucerons, j’ai envoyé une lettre d’opposition du GIRAM à la mairesse, à la MRC de Nouvelle-Beauce et à la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, et sa direction régionale. Malgré les protestations de nombreux groupes, la maison a été démolie par le MTQ en novembre 2025.
Le Collège de Saint-Damien (ancienne École normale de 1960)
À titre de rappel, le 13 décembre 2024, le GIRAM avait envoyé au Ministre un dossier consistant en vue d’une demande de classement comme immeuble patrimonial au ministère de la Culture et des Communications. Le but étant d’aider la Fondation Saint-Joseph-de-l’Espérance à reconvertir l’édifice en logements. Malheureusement, les maires de la MRC à l’exception du maire de Saint-Anselme, se sont tous opposés à l’attribution d’un statut patrimonial, ce qui a favorisé une réponse négative du Ministre le 19 mars 2025. Cela a entrainé une décision rapide du Centre de services scolaire de mettre en branle le processus de démolition de l’immeuble. Ainsi, le 31 mars 2025, le GIRAM émettait le communiqué : Le triste sort à venir du Collège de Saint-Damien : l’art de gaspiller des fonds publics et de dilapider du patrimoine bâti…
En décembre, les démarches tardives du propriétaire du Massif du Sud ont donné une éphémère lueur d’espoir.
Depuis février, le solide bâtiment à l’architecture moderne de Jean-Marie Roy est en voie de destruction à l’intérieur avant d’être rasé complètement à la pelle mécanique, déjà sur place.
La valse des démolitions se poursuit partout
Plusieurs démolitions se sont produites sans qu’on en ait été informé à temps. Ce fut le cas pour la maison Aubé sur le chemin du Rocher à Saint-Vallier, la belle maison à lucarnes à Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, de la grande maison Collin à Montmagny et combien d’autres…
2- En attente d’une décision
Maison de 1840, située au 672, rue Saint-Joseph (secteur Lauzon)
Le Comité de démolition avait prononcé un refus le 11 avril 2024, surtout en raison de l’absence d’un projet de remplacement. Un éventuel acquéreur du terrain a à nouveau formulé une demande de démolition avec un projet de remplacement (bungalow) le 25 juin 2025. Le GIRAM s’est à nouveau opposé le 7 juillet 2025 et le Comité de démolition a accepté le projet du demandeur le 9 septembre 2025. Le GIRAM a demandé une révision de la décision le 6 octobre 2025. Nous attendons l’avis de convocation pour défendre le dossier devant le conseil municipal.
Maison des années 1930, située au 103, rue Napoléon (secteur Lévis)
Le GIRAM s’était déjà opposé à cette démolition en décembre 2024, mais le requérant avait retiré sa demande le 17 mars 2025. Une autre demande a été formulée en janvier 2026 et le GIRAM a envoyé à nouveau son opposition le 30 janvier 2025. Le comité de démolition n’a pas encore tenu son audience publique.
Ensemble de bâtiments de 1939 (maison Anderson), situé au 186-192 rue du Curé-Dupont (secteur Saint-Romuald).
Objection du GIRAM le 20 mars 2025, aucune audience publique n’a été convoquée par le Comité de démolition.
Maison à Saint-Patrice-de-Beaurivage
Il s’agit d’une ancienne maison de ferme de la famille Demers, construite vers 1860. Après un règlement de succession en 1968, cette habitation est devenue une maison de campagne. Elle a conservé plusieurs de ses caractéristiques d’origine et elle a été bien entretenue jusqu’à récemment. Un important agriculteur l’a achetée et veut nettoyer le terrain…
3- Nos gains ou nos victoires par défaut
Maison Rhéaume-Lafond du 2481-2483, rue de la Faune (Haute-Saint-Charles)
À la suite d’une demande d’aide d’un citoyen sur une page Facebook, j’ai préparé le
15 avril 2025 une objection à la démolition d’une maison au toit mansardé de 1880, située au 2481-2483, rue de la Faune (arrondissement Haute-Saint-Charles, Québec) que j’ai faite parvenir au Comité d’urbanisme et de conservation de la Ville de Québec. Je n’ai pu assister à l’audition publique, mais nous avons appris dans le Soleil du 14 décembre 2025 que cette maison dite Rhéaume-Lafond serait épargnée de la démolition, à la suite du verdict dudit Comité. Les promoteurs y planifiaient un complexe de 37 logements.
Maison Turgeon-Desbiens à La Malbaie, secteur Pointe-au-Pic
À la suite d’une publication de la Société d’histoire de Charlevoix sur une page Facebook, le GIRAM a envoyé une opposition à cette démolition le 21 janvier 2026. Le 3 mars 2026, Pierre-Paul Sénéchal et moi, ainsi que le président de la Fédération Histoire Québec, sommes allés à l’audience du comité de démolition et au rendu de la décision. À notre grande surprise, le Comité de démolition (composé de trois conseillers) a rendu sur le champ sa décision de refuser la demande de démolition des propriétaires de l’Hôtel au Petit Berger inc.
4- Autres interventions touchant le patrimoine et l’histoire
Participation au Congrès de la Fédération Histoire Québec
Ce congrès s’est tenu à Montmagny les 30 et 31 mai 2025. Le prochain congrès se tiendra à
Terrebonne.
Protection de l’environnement de la maison André Turgeon, à Beaumont
Le 11 juin, le GIRAM, accompagné de la Fédération Histoire Québec, de l’Association Maisons anciennes du Québec et de la Société historique de Bellechasse, a organisé une conférence de presse afin de dénoncer des constructions inappropriées de blocs à logements à proximité d’une maison de grande valeur historique à l’entrée est du village de Beaumont.
Projet avorté de commémoration à Saint-Michel en 2025
Titre provisoire : Hommage à l’esprit de libération à Saint-Michel en 1775. Pour commémorer le 250e de l’esprit rebelle à Saint-Michel lors de la présence américaine, un projet avait été préparé à l’automne 2024. Le refus du financement par le ministère de la Culture, les tergiversations du maire de Saint-Michel et un projet d’entente mal rédigé (mais amendable) par l’émissaire de la municipalité en août 2025 ont fait en sorte que la propriétaire-donatrice de la sculpture (un bronze de Lewis Pagé) a retiré son offre et l’a offerte à une autre municipalité.
Mention spéciale d’Action Patrimoine
Le 18 septembre 2025, l’organisme Action Patrimoine décerna au soussigné une mention spéciale « en reconnaissance de l’ensemble de ses actions et de son dévouement pour le patrimoine bâti et les paysages culturels ». Sincères remerciements à France Rémillard pour la préparation du dossier de candidature.
Débat à la mairie, organisé par le GIRAM le 16 octobre 2025
Présentation des enjeux en patrimoine; constats et recommandations dont une politique du patrimoine.
Déclassement du Château Beauce à Sainte-Marie,
Classé à la demande du GIRAM depuis le 16 octobre 2020, ce bâtiment impressionnant et à proximité de l’église classée à Sainte-Marie est entre les mains de la Société Alzheimer depuis 2015, mais celle-ci refuse de prendre ses responsabilités de propriétaire de ce bien culturel.
À la suite de pressions de l’organisme et de la Ville de Sainte-Marie auprès du ministre de la Culture et des Communications, le ministre Mathieu Lacombe initia une démarche de déclassement le 12 septembre 2025. Le 11 novembre, au nom du GIRAM, j’ai acheminé une lettre à la présidente du Conseil du patrimoine culturel du Québec, madame Line Ouellet, dans laquelle nous recommandions que le Ministre conserve le classement comme immeuble patrimonial de la partie la plus ancienne et de sa rallonge.
Le 21 novembre 2025, Pierre-Paul Sénéchal et moi, participions à une vidéoconférence avec des membres du Conseil du patrimoine culturel du Québec (CPCQ) afin de faire valoir nos arguments. Un des membres du Conseil félicita le GIRAM pour son engagement et sa crédibilité au service de la protection du patrimoine. Aucune décision finale n’a été prise jusqu’à ce jour.
Visite de la maison Etchemin ou Atkinson
Le 14 janvier 2026, à l’invitation de notre membre Marie Demers, j’ai visité la maison Etchemin, une villa construite par la famille Atkinson au début du XXe siècle et propriété des frères des Écoles chrétiennes depuis 1944. Accompagné du frère Arsenault, nous avons parcouru la maison de la cave au grenier afin de constater son état. Peu habitée depuis quelques années, mais encore en bon état, cette maison sera menacée de démolition à la suite de la vente du terrain et du bâtiment au Juvénat Notre-Dame, une école secondaire privée. Dossier à suivre.
Prix Robert-Lionel Séguin à Marie-Josée Deschênes, architecte
Ce fut un plaisir de signer une lettre d’appui à notre membre, Marie-Josée Deschênes, pour l’obtention du prix Robert-Lionel-Séguin de l’Association Maisons anciennes du Québec. Ce prix est attribué à chaque année à une personne qui a contribué de façon exemplaire à la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine bâti. Félicitations Marie Josée Deschênes pour l’obtention de ce prix bien mérité.
ENVIRONNEMENT ET AMÉNAGEMENT
1- Un terrain de golf menacé
À la demande d’un actionnaire du Golf Lévis, nous avons préparé une lettre d’appui afin que le terrain de golf, soit non seulement un espace vert, mais également soit reconnu récréatif dans le plan d’urbanisme de la ville de Lévis. Cette demande d’intervention visait à contrer la volonté de certains actionnaires à convertir une partie du terrain en espaces résidentiels. Le nouveau président élu au CA, Jean Kronstrom, a assuré le GIRAM de sa volonté de conserver l’intégrité du terrain de golf de Lévis, parmi les plus anciens au Québec (1923), et de favoriser dans l’avenir une plus grande accessibilité publique à ce site naturel en plein centre-ville.
2- Des stations d’épurations qui débordent à Lévis
Intervention du GIRAM au sujet du moratoire de la construction à Lévis compte tenu du fait que la mise à niveau des stations d’épuration n’a pas suivi le développement résidentiel effréné et non contrôlé de la dernière décennie. Notre position est claire : LE MORATOIRE DOIT DURER TANT ET AUSSI LONGTEMPS QUE LA VILLE N’AURA PAS AGRANDIE SES USINES DE TRAITEMENT D’EAUX USÉES. Déjà plusieurs permis ont déjà été attribués pour des tours d’habitations et des immeubles à logements multiples, sans compter l’exception pour les unifamiliales et les logements abordables, ce qui accentuera les pressions aux stations d’épuration et les débordements polluants au fleuve. En résumé, selon nos prévisions et nos critères environnementaux, le moratoire ne devrait pas être lever avant 2030.
Gaston Cadrin, vice-président
Annexe 1 : Tableau des communiqués et conférence de presse en 2025-26
| Date du communiqué | Titre | Notes |
| 31 mars 2025 | Le triste sort du collège de Saint-Damien : L’art de gaspiller des fonds publics et de dilapider du patrimoine bâti… | Le 20 mars 2025, une lettre du MCC nous informait qu’il ne classerait pas le collège Saint-Damien à la suite de la demande du GIRAM de décembre 2024. |
| 11 juin 2025 | Conférence de presse : Patrimoine bâti québécois en péril : Des groupes régionaux et nationaux se mobilisent (exemples à Beaumont). | Conférence sur le terrain pour dénoncer, entre autres, des constructions inappropriées dans le voisinage d’une maison historique à Beaumont. |
| 4 septembre 2025 | Élections municipales du 2 novembre. Sous les auspices du GIRAM : Débats des chefs, le 16 octobre. | L’organisation du débat et la présence des gens intéressés furent un succès. |
| 14 juin 2025 | Attribution des prix Corniche d’or 2025 | Prix décernés à la journée GIRAM à Saint-Vallier, le 15 juin 2024. |
| 9 mars 2026 | Développement effréné à Lévis : Fin de l’aveuglement volontaire et moratoire nécessaire jusqu’en 2030. | À la lumière des débordements d’eaux usées non traitées découlant d’un développement urbain effréné, le moratoire est indispensable jusqu’à l’agrandissement des stations d’épuration. |