Projet Laurentia

CRÉDIBLES LES PRÉTENTIONS DU PORT DE QUÉBEC?

Aide-mémoire transmis à l’Agence canadienne de l’évaluation environnementale.

Pierre-Paul Sénéchal/GIRAM

Janvier 2020.

La desserte terrestre à travers la capitale : l’enjeu humain et environnemental.

  • Projet annoncé en janvier 2018 (rebaptisé Laurentia au début 2019. Il remplace un projet plus ancien de transit et d’entreposage d’hydrocarbures et de vrac solides (2015).
  • Allongement d’un quai à même le fleuve sur 610 mètres et Construction d’une plateforme dédiée d’une superficie de 17.9 hectares (1 million de mètres cubes). Matériaux de remblai tirés du lit du fleuve, dont une partie est contaminée.
  • Motif du changement de vocation du projet : « Il sera plus facile de faire accepter le projet d’agrandissement par la population s’il est réservé aux conteneurs, l’entreposage de vrac liquide et solide pouvant soulever des craintes liées à la pollution de l’air. C’est certainement plus facile, à mon point de vue, d’aller communiquer, dialoguer avec la population dans un contexte de terminal de conteneur que dans toute autre forme de manutention ». (Mario Girard, pdg Port de Québec, janvier 2018- Le Port de Québec met le cap sur 2019» Portail Constructo. mars 2019).
  • Projet de transit de plus de 700 000 conteneurs/année (500 000 dans première version).
  • Plus de 156  cargaisons maritimes/année.
  • Transit terrestre intra-ville de Québec sur 365 jours/année par voie ferroviaire et 253 jours/année par camions.
  • La seule voie ferroviaire (CN) disponible est en zone urbaine et pour une bonne part en zone résidentielle. Les artères routières disponibles sont déjà super encombrées pour rejoindre les ponts, l’Autoroute 20 vers l’ouest (passage rive sud) et Félix Leclerc (passage rive nord).

Au lendemain de l’annonce du projet, le GIRAM a immédiatement soulevé la question du transport terrestre des conteneurs. L’APQ va dès lors multiplier les interventions et cibler ses propos en conséquence, afin de minimiser cet important boulet attaché au pied de son projet. Son scénario transport va constamment s’appuyer sur des situations virtuelles qui sommes toutes sont assez loin des réalités de l’industrie.

L‘incontournable comparaison Montréal-Québec.

En matière de définition et d’analyse de projets, il est toujours fortement indiqué, par souci de crédibilité, de procéder également au moyen de comparaisons avec des projets similaires, ce que l’APQ ne fait manifestement pas avec son projet Laurentia.

Terminal de conteneurs du Port de Montréal.

Desserte terrestre: 60% par trains, 40 % par camions.

Pour assurer le transit des 1.5 millions de conteneurs, le Port de Montréal dispose d’un espace de plus de 100 hectares, desservi par6 terminaux et 17 grues portuaires). Trois d’entre eux peuvent accueillir simultanément 2 navires de 300 mètres.

Le Port possède son propre réseau de chemin de fer directement sur les quais, relié aux deux réseaux ferroviaires pancanadiens, le CP et le CN. En tout, 100 km de voies ferrées sur les quais. Ces voies sont directement liées au système nord-américain, très loin à l’intérieur du continent. Il peut compter sur une desserte ferroviaire variant de 4 à 8 voies selon le terminal.

Le transport ferroviaire est réalisé essentiellement en zone industrielle. Le transport par camion à partir de la rue Notre-Dame Est. Toutefois, malgré une architecture aussi enviable, le Port de Montréal manque d’espace et peine à soutenir la concurrence du Port de New-York, qui lui, est plus proche du Marché du Mid-Ouest, ainsi que celui de Savannah.

 
Images Port de Montréal : débarquement de conteneurs.